Guide EPI - Protection respiratoire

 Attention
Les informations reprises ci-après ont pour but de vous aider à comprendre les différents marquages et types d’EPI existants et n’engagent pas la responsabilité de Safetify. Les EPI sont une discipline complexe et il est fortement recommandé de demander conseil à des spécialistes ! 

 

Travaux nécessitant a priori le port de protections respiratoires

Le port des protections respiratoires est déterminé par l’analyse de risques.

L’annexe 2 de l’AR du 13/6/2005 reprend néanmoins une liste des activités qui en nécessitent toujours le port d’appareils respiratoires :

  • les travailleurs exposés à contracter une intoxication ou une affection des organes respiratoires par inhalation de poussière, de gaz, de vapeurs, de fumées ou de brouillards;
  • les travailleurs susceptibles d’être exposés aux agents cancérigènes et mutagènes:
    • pour les activités durant lesquelles l’exposition ne peut être évitée par les mesures préventives telles que prévues aux articles 5, 6, 8 et 9 de l’arrêté royal du 2 décembre 1993 concernant la protection des travailleurs contre les risques liés à l’exposition à des agents cancérigènes et mutagènes au travail
    • pour les activités telles que les travaux d’entretien, de démolition, de rénovation, de transformation, pour lesquelles l’exposition à ces agents est prévisible malgré les mesures d’organisation ou de prévention collective prises;

Les appareils respiratoires destinés aux travailleurs occupés aux travaux cités ci-après doivent exclusivement être des appareils de protection respiratoire autonomes :

  • les travaux effectués à tout endroit où l’on n’a pas prouvé, à l’aide de moyens de mesure appropriés, la présence d’oxygène dans l’atmosphère à une concentration supérieure à 19 % (vol/vol);
  • les travaux impliquant la pénétration ou le séjour dans les lieux visés à l'article 53 du règlement général pour la protection au travail, ou dans les récipients mobiles, les fosses, les réservoirs et les tanks visés par les dispositions de l’arrêté royal du 13 mars 1998 relatif au stockage de liquides extrêmement inflammables, facilement inflammables, inflammables et combustibles, pour lesquels on n’a pas prouvé à l’aide d’appareils de mesure appropriés, que les moyens mis en œuvre ont permis de ramener l’exposition des travailleurs aux substances dangereuses, à un niveau tel que le risque d’intoxication ou d’affection des organes respiratoires est insignifiant, ou lorsqu’il ne peut être établi que la valeur limite ne sera à aucun moment excédée. Ces exigences concernent les produits contenus dans ces lieux ainsi que les produits pouvant être générés lors de l’exécution de travaux dans ceux-ci.

Produits présents dans l’air

Les protections respiratoires permettent de lutter contre certains produits présents dans l’air :

  • Les aérosols ;
  • Les gaz ;
  • Les vapeurs.

Un aérosol est un ensemble de fines particules, solides ou liquides, d’une substance chimique ou d’un mélange de substance chimique, en suspension dans un milieu gazeux. Le brouillard et les nuages sont des exemples d’aérosols.

Les particules sont définies par leur taille (dimension ou granulométrie), leur nature et leur concentration.

Trois catégories sont utilisées afin de classer leur nature dangereuse :

Catégorie  Types de particule Diamètre Actions
Gênante particules inertes (non fibrogènes et non toxiques) supérieur ou égal à 5 µm voies respiratoires hautes : fosses nasales, pharynx, larynx
Nocives particules inertes ou fibrogènes (non toxiques) compris entre 5 µm et 0,2 µm voies respiratoires moyennes : trachées, artères, bronches
Toxiques particules inertes, fibrogènes et toxiques compris entre 0,2 µm et 0,02 µm voies respiratoires basses : bronchioles et alvéoles pulmonaires

   
La vapeur est l’état gazeux d’une substance qui est solide ou liquide à la température ambiante. Pour devenir à l’état de vapeur, il faut donc une action sur la température, une réaction chimique, … Un gaz est un produit qui est en phase vapeur à la température ambiante, par exemple l’air. A certaines températures, ces gaz peuvent se solidifier ou se liquéfier, par exemple l’air liquide. De nombreux gaz et vapeurs sont toxiques pour l’être humain.

Les gaz et vapeurs inspirées et les particules inhalées peuvent occasionner des nombreux troubles respiratoires et maladies graves, par exemple la bronchite, la toux, l’asthme, l’œdème, l’asbestose, la fibrose, le cancer, …

Un grand nombre de facteur entrent en compte pour le choix du masque :

  • Les plans de secours et d’évacuation ;
  • La pénibilité ;
  • La durée du travail ;
  • La température ;
  • L’humidité ;
  • La concentration du contaminant ;
  • Les types de contaminant ; 
  • Les valeurs limites d’exposition ;
  • La teneur en oxygène

Normes et marquage

Différentes normes établissent les performances d’une protection respiratoire.

Norme/Marquage  
EN149 Demi-masque à usage unique ou non, filtrant les aérosols
EN149-NR Demi-masque à usage unique, filtrant les aérosols
EN149-R Demi-masque réutilisable, filtrant les aérosols
EN140 Demi et quart de masque
EN141 Filtres anti-gaz et filtres combinés
EN14683 Masque chirurgicaux et protection de l’environnement du porteur
EN143 Filtre à particule
EN136 Masque complet

 

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Masque à usage unique, demi-masque réutilisable, masque complet (courtesy of 3M)


Aérosols

La norme EN149 spécifie les demi-masques protégeant des aérosols. Parmi ceux-ci, on distingue les masques à usage unique (norme EN149-NR) et réutilisables (norme EN149-R). Ces masques sont constitués de fibres (polypropylène) filtrant l’aérosol. Les filtres aérosols ne protègent pas contre les gaz !

La catégorie de masque dépend de la concentration de l’aérosol et de sa valeur limite d’exposition

  • FFP1 ou P1 : pour les aérosols solides et liquides non-toxiques, avec une concentration allant jusqu’à 4 fois la valeur limite d’exposition.
  • FFP2 ou P2: pour les aérosols solides et liquides non-toxiques et de faible à moyenne toxicité, avec une concentration allant jusqu’à 10 fois la valeur limite d’exposition.
  • FFP3 ou P3: pour les aérosols solides et liquides non-toxiques de faible à moyenne toxicité et haute toxicité, avec une concentration allant jusqu’à 50 fois la valeur limite d’exposition.

La valeur limite d’exposition est la valeur limite liée à un aérosol (en mg/m³) à laquelle un individu peut être exposé sans risque pour sa santé (Voir annexe 1 de l’Arrêté royal du 11 mars 2012 pour une liste de ces valeurs limites. Consultez également la MSDS du produit).

Un masque présente toujours une fuite vers l’intérieur qui dépend de la catégorie. Ils entraînent également une résistance à la respiration.

EN149: Exigences FFP1 FFP2 FFP3
Moyenne de la fuite totale vers l’intérieur < 22 % < 8 % < 2 %
Pénétration initiale maximum des aérosols d’essai
(Chlorure de sodium ou huile de paraffine)
< 20 % < 6 % < 1 %
Résistance respiratoire :
- A l’inspiration (30 l/min)
- A l’inspiration (95 l/min)
- A l’expiration (160 l/min)
< 0,6 mbar
< 2,1 mbar
< 3,0 mbar
< 0,7 mbar
< 2,4 mbar
< 3,0 mbar
< 1,0 mbar
< 3,0 mbar
< 3,0 mbar

 
Les masques peuvent être équipés d’une soupape pour l’expiration. Ca réduit la résistance respiratoire lorsqu’on expire et augmente le confort.

Gaz et vapeurs

Les masques protégeant des gaz et vapeurs répondent à la norme EN141. Les filtres sont répertoriés suivant différents types sous différentes classes en fonction de leur utilisation et de leur capacité de protection (durée de vie). Il s’agit de filtres à charbon actif. Les filtres anti-gaz ne protègent pas contre les aérosols !

Types selon la norme EN141

 Lettre Couleur  Protection 
A  Marron Gaz et vapeurs organiques dont le point d’ébullition est supérieur à 65° C
Gris  Gaz et vapeurs inorganiques (sauf le monoxyde de carbone CO)
Jaune  Jaune Dioxyde de soufre (SO2) et autres gaz et vapeurs acides
Vert  Ammoniac et dérivés organiques aminés
HgP3 Rouge + blanc  Vapeurs de Mercure
NOP3 Bleu + blanc Oxydes d’azote
AX Marron Composés organiques à bas point d’ébullition (65° C)
SX Violet Composés spécifiques désignés par le fabricant

 

On retrouve souvent des combinaisons de types (exemple : AB = type A et type B).

Classes selon la norme EN141

  • Classe 1 : filtres de faible capacité (petite cartouche)
  • Classe 2 : filtres de moyenne capacité (cartouche)
  • Classe 3 : filtres de haute capacité (bidon)

Lorsque le filtre est saturé, il ne protège plus le travailleur. La durée de vie d’un filtre dépend de nombreux paramètres tels que la concentration, le rythme respiratoire, l’humidité et la température. Elle est très difficile à évaluer et il vaut donc mieux faire appel à des spécialistes.

Combinaison aérosols/gaz ou vapeur

On peut naturellement combiner un filtre gaz/vapeur à un second filtre à particules (aérosols). La norme EN143 définit les mêmes classes (P1, P2, P3) que pour les masques protégeant exclusivement des aérosols.

Clipboard06Courtesy of 3M

Masques médicaux

Les masques médicaux et ceux destinés à protéger l’environnement du porteur répondent à la norme EN14683

 EN14683  Type I Type IR Type II Type IIR 
Efficacité de filtration bactérienne > 95% > 95% > 98% > 98%
Pression différentielle < 29,4 Pa < 49,0 Pa < 29,4 Pa < 49,0 Pa
Pression de la résistance aux éclaboussures NR > 120 mm Hg NR > 120 mm Hg

 

A noter que les types IR et IIR sont résistants aux éclaboussures de sang.

Masques complets

La norme EN136 définit les exigences, les méthodes d’essai et les marquages pour les masques complets de protection respiratoire.


Clipboard07Courtesy of 3M

Ces masques sont utilisés avec une unité filtrante déportée pour une plus grande capacité ou avec un apport extérieur d’air lorsqu’un filtre ne permet pas une protection suffisante ou lorsqu’un apport extérieur d’oxygène est nécessaire.


Conseils pratiques

Durée d’utilisation

Si le masque est à usage unique, il peut être utilisé au maximum sur une pause de travail. Il doit éventuellement être remplacé plus tôt.

Les filtres protégeant des aérosols se colmatent en fonction de la concentration de l’aérosol dans l’air, le rythme respiratoire, l’humidité, … Lorsqu’il est colmaté, l’aspiration risque de se faire par le bord du masque et le travailleur n’est plus protégé. Il faut donc remplacer le masque ou le filtre (si masque réutilisable). Il faut donc remplacer le masque ou le filtre quand :

  • La résistance respiratoire devient trop grande
  • Quand la poussière devient visible à l’intérieur
  • Quand l’intérieur est contaminé (mains sales)

Les cartouches protégeant des gaz se saturent. Le charbon actif n’est alors plus efficace et laisse passer le produit dangereux. Ceci n’impacte, a priori, pas la résistance respiratoire. Lorsqu’on sent ou goutte le gaz, il est temps de changer la cartouche. Attention, ceci n’est qu’une indication. En pratique :

  • Le seuil olfactif peut être supérieur à la valeur limite d’exposition (exemple : pour le chlorure de méthylène, le seuil olfactif est de 160 ppm alors que la valeur limite d’exposition est de 50 ppm, on est donc largement exposé lorsqu’on sent l’odeur de ce gaz)
  • Les travailleurs s’accoutument à l’odeur du produit et ne le sentent donc plus
  • Les travailleurs sont parfois enrhumés

Pour déterminer le temps d’utilisation, il est donc fortement recommandé de se faire assister par des spécialistes !

Entretien et port du masque

Si le masque est mal porté, il peut perdre totalement son efficacité. En pratique, les paramètres suivants affectent l’efficacité du filtre :

  • Travailleur barbu ou mal rasé
  • Forme inadaptée au visage du porteur
  • Masque mal positionné
  • Masque placé avec des mains sales
  • Masque modifié par le travailleur

Formez donc les travailleurs ! Il existe également des tests permettant de vérifier du port correct du masque (field test). Ces tests permettront en plus de sensibiliser le travailleur.

Pour des raisons d’hygiène, il est recommandé de nettoyer régulièrement le masque avec de l’eau savonneuse (la cartouche ou le filtre ne se nettoient pas et le nettoyage ne prolonge donc pas la durée de vie de l’élément filtrant).

Rangez les masques dans un endroit propre et à l’abri des contaminants. Le charbon actif ou le filtre peuvent se saturer s’ils sont simplement en contact avec le contaminant (absorption) et vous risquez de contaminer l’intérieur du masque.

Vérifiez toujours le bon état du masque et remplacez ce qui doit l’être.

Si vous devez travailler avec un apport extérieur d’air, assurez-vous que cet air est sain.

Choisissez les masques en collaboration avec les travailleurs et sensibilisez-les ! Sinon, ils risquent de ne pas les porter.

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